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Gonarthrose et orthèses plantaires

Le 17 novembre 2012
Gonarthrose et orthèses plantaires
L'arthrose de touche de nombreuses personnes, invalidante dans la vie quotidienne, les semelles peuvent ralentir sa progression et améliorer le quotidien

GONARTHROSE ET ORTHESES PLANTAIRES

 

La gonarthrose est un terme général désignant l’arthrose du genou. Elle est extrêmement fréquente et habituellement bilatérale. Cependant elle peut présenter deux aspects car elle regroupe deux articulations fonctionnellement distinctes :

  • L’articulation entre le fémur et le tibia, on parle d’arthrose fémoro-tibiale
  • L’articulation entre le fémur et la rotule, on parle d’arthrose fémoro-patellaire

Cette arthrose peut avoir une origine mécanique soit par des malformations congénitales, soit par des déséquilibres en cours de vie, des traumatismes, des surcharges pondérales ; mais cette arthrose peut aussi avoir une origine structurale (chondrocalcinose articulaire).

 

L’arthrose fémoro-rotulienne

Fréquente, de nombreux facteurs peuvent en être la cause :

  • traumatiques : fracture  ou luxation de la rotule
  • mécaniques : rétraction des ligaments rotuliens, atrophie du vaste médial (partie interne du quadriceps) et surtout des dysplasies osseuses de la rotule ou du fémur
  • structurale : chondrocalcinose articulaire
  • diverses : l’âge (en vieillissant, la contenance en eau du cartilage en eau diminue, il perd ainsi ses composantes élastiques et se fragilise), surcharge pondérale (elle est directement liée à l’augmentation des contraintes mécaniques appliquées sur le cartilage), les sports nécessitant des flexions de genou intenses et répétées

Cette arthrose s’exprime par des signes mécaniques classiques avec au premier plan un syndrome rotulien, c’est-à-dire un ensemble de symptômes localisés à la face antérieure du genou. Il s’accompagne souvent d’autres symptômes comme l’hydarthrose (présence d’eau dans l’articulation).

Cette atteinte se caractérise par une douleur à la face antérieure du genou avec parfois une irradiation à la face interne du genou. Cette douleur est majorée lors de la montée et la descente des escaliers, et lors de la flexion prolongée du genou (signe du cinéma).

L’évolution de l’arthrose fémoro-rotulienne se fait par poussées et au bout de plusieurs années, on voit apparaître une limitation du mouvement de flexion-extension ainsi qu’une position antalgique et adaptative de genou fléchi.

Bien que les signes cliniques soient très évocateurs, on peut confirmer le diagnostic par radiographie avec des clichés axiaux ou défilés fémoraux-rotuliens.


L’arthrose fémoro-patellaire

Egalement fréquente, elle peut être associée ou non à l’arthrose fémoro-rotulienne. Habituellement bilatérale, elle est cependant moins bien tolérée que la précédente. Elle peut toucher le compartiment interne (le plus mal toléré) ou externe (la plus fréquente). Les deux compartiments peuvent être touchés simultanément.

Les origines sont, dans cette atteinte, moins nombreuses :

  • traumatique : fracture du fémur ou du tibia (plateau ou diaphyse)
  • mécaniques pures : désaxation du membre inférieur : genoux en « X » appelés genou valgum, c’est alors le compartiment externe de l’articulation qui est touché ; ou genoux écartés à la « Lucky Luke » appelés genoux varum, c’est le compartiment interne qui sera atteint, les dysplasies des condyles fémoraux ou des plateaux tibiaux, des atteintes méniscales
  • structurale : maladie de König, chondrocalcinose articulaire

L’arthrose fémoro-tibiale s’exprime par des douleurs mécaniques siégeant sur le côté du genou (en interne ou externe, en fonction du compartiment touché) au niveau de l’interligne articulaire. Cette localisation peut également évoquer une atteinte des ménisques, c’est pourquoi il est important de vérifier quelle est la structure atteinte. Il s’agit le plus souvent d’une douleur globale du genou.

Là encore, les radiographies permettent d’affirmer le diagnostic et d’observer le stade de la destruction cartilagineuse. Une ponction articulaire peut également être pratiquée.

  Principes de traitements

Qu’elle soit primaire ou secondaire, il faut rappeler que l’arthrose est une maladie dégénérative que l’on ne peut stopper. L’atteinte du genou, provient bien souvent de problèmes mécaniques du membre inférieur. Ces troubles peuvent être ascendant ou descendant, c’est pourquoi, en corrigeant les facteurs mécaniques, on peut limiter ou tout du moins ralentir la progression de l’arthrose afin d’améliorer le quotidien des patients et de repousser la pose d’une prothèse. Un certain nombre de ces facteurs peuvent être corrigés par des semelles orthopédiques (ou orthèses plantaires).

Dans tous les cas de figure, le rôle du podologue est de corriger les troubles statiques du pied afin de limiter les contraintes exercées sur le genou. Il veillera également à une éventuelle position antalgique en genou fléchi susceptible de fausser l’examen clinique général.

Dans le cas d’une arthrose fémoro-rotulienne : le podologue va, par le biais des orthèses plantaires, limiter les mouvements de prono-supination du pied, ce qui aura pour effet de diminuer les mouvements de rotation du genou et la tendance luxante de la rotule. Les articulations de l’arrière-pied se comportent comme une charnière, ainsi, en  corrigeant les appuis du pied au sol, les semelles agissent directement sur les rotations de la jambe et par voie de conséquence sur le genou. En limitant ces mouvements de rotation excessifs, on permet d’éviter la luxation de la rotule en dehors et en même temps de détendre le système capsulo-ligamentaire à l’origine de tensions et d’algies. De plus, le port de talon est fortement déconseillé car cela entraine un plus grand travail du quadriceps qui plaque d’autant plus la rotule contre le fémur, majorant les douleurs et favorisant l’usure du cartilage.

Dans le cas d’une arthrose fémoro-tibiale, le but des semelles est d’ouvrir le compartiment atteint du genou ; en effet certains éléments présents sur les semelles ont une action biomécanique directe sur le genou. Comme nous l’avons dit précédemment, une atteinte du compartiment interne est bien souvent due à un genou varum. Pour « ouvrir » le genou, le podologue placera un coin ou une bande pronatrice sur la semelle. A l’inverse, pour une atteinte du compartiment externe sur un genou valgum, on utilisera un coin supinateur. Ces éléments ont pour effet d’ « ouvrir » le compartiment atteint et donc de décomprimer le cartilage lésé afin de retarder son usure prématurée et de diminuer les douleurs.

Bien que le traitement biomécanique semble généralisable, il n’en demeure pas moins qu’un examen clinique global et approfondi est indispensable avant toute élaboration d’un plan d’appareillage de semelles orthopédiques. Dans la même optique, un suivi thérapeutique dans les semaines qui suivent le port des orthèses plantaires est nécessaire afin d’observer le bénéfice de cet appareillage, et si besoin est d’y apporter de légères modifications.

Le port est orthèses plantaire ne peut se substituer à des soins de pédicurie réguliers. En effet, l’arthrose du genou étant douloureuse, elle entraine une démarche adaptative et antalgique, créant au niveau des pieds des zones d’hyperpression (le plus souvent à l’avant-pied) à l’origine de durillons inconfortables et/ou douloureux. L’exérèse de cette hyperkératose permet ainsi d’améliorer la marche et le confort.

Comme dans toute arthrose, il est recommandé de perdre toute surcharge pondérale car toute surcharge majore les pressions sur le cartilage et accélère est son usure.

 

Le traitement de l’arthrose relève donc d’une prise en charge pluridisciplinaire combinant le travail du podologue, du masseur-kinésithérapeute, des médecins et des chirurgiens.

 

Cécile BESSOU

Pedicure-Podologue D.E.
Podologue du Sport D.U.