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Hallux valgus et Hallux rigidus

Le 16 octobre 2012
Hallux valgus et Hallux rigidus
Comment prévenir l'apparition et l'aggravation de l'hallux valgus ou "oignon" par le port de semelles orthopédiques?

Les atteintes du premier rayon : 
HALLUX VALGUS ET HALLUX RIGIDUS

 

L’hallux ridigus (gros orteil raide) et l’hallux valgus (plus connu sous le terme d’ « oignon ») sont des atteintes de la première articulation métatarso-phalangienne.

 

L’hallux ridigus correspond à une arthrose progressive de cette articulation, conduisant progressivement à une rigidité totale de l’hallux (gros orteil). Il est plus fréquent chez les hommes.

 

L’hallux valgus est une triple déformation de l’avant-pied, associant :un métatarsus varus, c’est-à-dire que le premier métatarsien se dévie en dedans ;un hallux abductus, le gros orteil part en dehors ; et une rotation interne de l’hallux (= gros orteil)

Dans la majorité des cas on retrouve une exostose (excroissance osseuse) sur le bord interne du premier métatarsien, d’où le surnom « d’oignon ». Il touche préférentiellement la femme et on lui attribue un caractère héréditaire.

 

D’aspects très différents, ces deux atteintes ont pourtant une même origine mécanique résultant 
de troubles statiques du pied et de membre inférieur.Le rôle du chaussant a longtemps été désigné comme le seul facteur déclenchant mais aujourd’hui, ce rôle est très discuté et discutable.

 

Apparition des déformations

Pour mieux comprendre leur apparition, il est important de comprendre les problèmes mécaniques à l’origine de ces atteintes.

L’hallux valgus et l’hallux rigidus vont se retrouver dans la plus grande majorité des cas, chez des patients ayant des pieds plats et/ou  des pieds valgus (qui s’effondrent en dedans). Cette déformation va entrainer une surcharge mécanique de toute la colonne interne du pied qui va devoir supporter tout le poids du corps lors de la marche.

Au début des troubles, cette colonne interne va résister à la charge mais progressivement elle va céder sous la charge entrainant une « insuffisance fonctionnelle de la colonne médiale ». Cette insuffisance va engendrer un manque d’appui du 1er métatarsien au sol.

Pour pallier à cet hypo-appui, tout le système musculaire intrinsèque du pied et d’autres muscles extrinsèques (notamment le muscle Long Fléchisseur de l’Hallux) vont se contracter et prendre la corde pour essayer de redonner de l’appui au 1er métatarsien.


Ensuite, deux options sont possibles :

Soit le système capsulo-ligamentaire est résistant, le cas le plus fréquent chez les hommes. La traction des muscles va alors plaquer les surfaces articulaires du 1er métatarsien et de la base de la 1ère phalange de l’hallux entres elles. Cela va générer pressions excessives sur le cartilage qui va progressivement se détruire et passer par tous les stades radiologiques de l’arthrose (pincement de l’interligne articulaire, condensation ostéochondrale, géodes sous-chondrales et ostéophytes). Cette arthrose va peu à peu limiter l’amplitude de l’articulation jusqu’à la rendre totalement fixe, aboutissant à un hallux rigidus.

Soit le système capsulo-ligamentaire est déficient et, en présence d’une déformation osseuse pré-existante (métatarsus varus) cède sous la traction musculaire, amorçant la déformation. Cette déformation va ensuite être auto-aggravante et continuera à évoluer en absence de correction des troubles stato-dynamiques du pied.

On peut rencontrer un troisième cas de figure associant les deux atteintes, un hallux valgus arthrosique. La déformation initiale est un hallux valgus à laquelle vient s’ajouter de l’arthrose, ankylosant l’articulation en position déformée.

 

Evolutions et conséquences

Ces deux pathologies évoluent par poussées le plus souvent douloureuses et inflammatoires entrecoupées de phases plus calmes.


L’hallux rigidus conduit à une gêne fonctionnelle aboutissant à une démarche adaptative et varisante.

L’hallux étant rigide, il ne permet plus de passer le pas normalement, on observe une adaptation de l’articulation inter-phalangienne qui va augmenter en amplitude, plaçant la 2ème phalange en extension par rapport à la 1ère donnant un hallux en barquette. Un durillon ou un cor peuvent alors apparaitre sous cette articulation inter-phalangienne, l’ongle peut subir des microtraumatismes dans la chaussure du fait de sa surélévation. L’amplitude pathologique gagnée de cette articulation ne pouvant être suffisante et fonctionnelle pour passer le pas, cela va entrainer une démarche varisante, c’est-à-dire que l’on va s’appuyer sur le bord externe du pied et passe le pas avec les petits orteils.


L’hallux valgus entraine, en plus de la douleur lors des phases inflammatoires, des problèmes esthétiques et de chaussage en raison de la déformation importante et des démarches adaptatives.

L’hallux valgus ne s’arrête pas une fois la déformation apparue. En effet, elle continue d’évoluer et de nouveaux troubles statiques s’y associent. On va retrouver une surcharge du 2ème métatarsien, des griffes d’orteils, générant des douleurs cutanées avec présence de durillons plantaires et de de cors au sommet des griffes d’orteils.

 

Prévention et traitements

Une fois installées, ces atteintes sont une vraie gêne tant sur le plan fonctionnel qu’esthétique, aboutissant bien souvent à des interventions chirurgicales.
Il faut cependant retenir que ces atteintes sont principalement le fruit de facteurs mécanique pouvant être corrigés par des orthèses plantaires.

Spécifions que les orthèses plantaires ne peuvent corriger les déformations déjà présentes mais peuvent, sans conteste limiter et ralentir les déformations existantes.


Le principe des semelles est simple et consiste en la correction du trouble statique et à redonner un appui fonctionnel au premier rayon afin d’éviter ou de palier à l’insuffisance fonctionnelle de la colonne médiale.

Porter des semelles n’est pas une tare, et bon nombre des patients gagnent en confort grâce au port des orthèses plantaires. Alors avant de laisser évoluer jusqu’à la chirurgie, les semelles sont un bon compromis pour régler les troubles statiques…

Cécile BESSOU Pédicure-Podologue / Podologue du sport